Les enjeux politiques de l’information scientifique, articles et vidéos

Par
jeudi 7 octobre 2021

Miniature

Dans le projet de loi de programmation de la recherche adopté le 23 septembre 2020 à l’Assemblée Nationale figure la proposition de « créer, à l’instar d’autres pays (Allemagne, Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni) une dynamique d’actions ou un réseau « Science et médias »

(…) pour développer les relations et permettre la mise en contact rapide entre journalistes et chercheurs, favoriser l’accès des citoyens à une information scientifique fiable et accroître l’apport d’éclairages scientifiques dans les débats publics sur les grands sujets actuels. »

Les intentions affichées paraissent louables en ces temps de crises multiples. Alors que les réseaux sociaux et les chaines d’information ont choisi, plutôt par appât du gain que par souci de fiabilité scientifique, leurs experts fétiches lors de la crise sanitaire en cours (le nom d’un chercheur infectiologue et professeur de microbiologie est mentionné près de 1000 fois par jour durant certaines journées du confinement[1]), la nécessité de penser la médiation scientifique paraît en effet très urgente.

Mais la solution de Centre Science et médias, proposée dans le texte de loi, sans qu’elle n’ait nullement été débattue, est-elle la bonne ? La référence dans le texte de loi aux exemples étrangers est particulièrement malvenue. Ainsi, une enquête fouillée[2] sur le Science Media Center au Royaume-Uni montre les processus de désinformation scientifique dont se rend coupable l’agence, au bénéfice, entre autres, de certains donateurs de l’agence, des entreprises comme Glaxo, AstraZeneca, Croplife.

Outre la manipulation de cette agence en particulier, la démarche de création d’un groupe d’experts garants de la « bonne science » montre la volonté encore forte d’instrumentaliser les discours et l’autorité scientifiques dans l’espace public, dans un contexte de dérégulation du champ de l’information scientifique et du démantèlement du journalisme scientifique[3]. Ces conceptions vont à l’encontre des sciences plurielles et des controverses publiques qui nous semblent devoir guider les débats avec les citoyens.

L’association Sciences Citoyennes s’empare de ce sujet et propose dans cette page différents supports de réflexion : écrits (onglet Propositions) et vidéos (onglet Vidéos), produits par Sciences Citoyennes sur les enjeux politiques de l’information scientifique. Cette page est encore en construction

L’association Sciences Citoyennes a publié par le biais de ces administrateurs les analyses et propositions suivantes :

-> Un article sur la revue Terrestres, par Jérôme Santolini, administrateur de Sciences Citoyennes : L’information scientifique comme enjeu politique.

-> L’intervention de Catherine Bourgain, administratrice de Sciences Citoyennes, en format écrit : Quelle information scientifique en démocratie ?

-> Un article sur la revue S!lence, par Jérôme Santolini : Les savoirs scientifiques en temps de crise : un outil démocratique et émancipateur

Webinaire le 16 octobre 2020 : « Les enjeux politiques de l’information scientifique »

Le 16 octobre 2020 s’est tenu un webinaire, réunissant une centaine de personnes, autour de la question des « Enjeux politiques de l’information scientifique ». Cet événement s’est déroulé en plusieurs temps, après une courte introduction par Jérôme Santolini, chercheur au CEA et administrateur de Sciences Citoyennes.

Premier temps : L’information scientifique dans la tourmente
Interventions de Stéphane Horel et de Philippe Huneman, suivies d’échanges avec le public

Deuxième temps : Quelle information scientifique en démocratie ?
Interventions de Yves Sciama et de Catherine Bourgain, suivies d’échanges avec le public

Troisième temps : Point de vue politique
Conclusion par Joël Labbé

 

Webinaire le 2 juin 2021 : « Les enjeux politiques de l’information scientifique. Exemple de l’agriculture »

Déclin des insectes, utilisation de pesticides, OGMs, agribashing : les débats sur nos choix en matière d’agriculture ou d’alimentation sont devenus un champ de mines où se succèdent controverses, invectives, confusions… L’information scientifique sur ces sujets constitue aujourd’hui un enjeu politique majeur où s’affrontent des intérêts économiques et politiques divergents et où s’opposent des visions différentes du monde dans lequel nous souhaitons vivre. À ce titre, ces débats constituent un exemple parfait des mécanismes d’instrumentalisation du discours scientifique au service d’un agenda politique, économique, industriel.

Le 2 juin 2021 s’est tenu un webinaire autour de la question des « Enjeux politiques de l’information scientifique. Exemple de l’agriculture ». Cet événement s’est déroulé en plusieurs temps, après une courte introduction par Jérôme Santolini, chercheur au CEA et administrateur de Sciences Citoyennes. Les intervenants :

Mikael Salson, enseignant-chercheur à l’université de Lille depuis 2010, enseigne depuis 2013 les notions de démarche scientifique, et ses détournements, auprès de futurs journalistes scientifiques, dans une formation conjointe entre l’université et l’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille.

Marion Desquilbet, chercheure à l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE) et membre du conseil scientifique de l’Agence Nationale de Sécurité Alimentaire Nationale (ANSES), étudie les impacts de différents modes de production agricole et l’analyse des politiques publiques qui les encadrent.

Christophe Alliot, a cofondé le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (BASIC) en 2012. Il est expert en analyse de chaînes de valeur, études d’impact, commerce équitable et enjeux de développement.

Éric Meunier, rédacteur pour la veille citoyenne d’informations critiques Inf’OGM depuis 20 ans, suit plus particulièrement le dossier des nouvelles techniques de modification génétique, notamment au niveau des discussions européennes.