Le 4 novembre, à partir de 18h45, aura lieu un débat, en ligne et à Paris (après inscription gratuite mais obligatoire sur HelloAsso), dédié aux stratégies d’influence de l’industrie pharmaceutique. Trois spécialistes de renommée internationale dans le domaine des pharmas, des politiques et des systèmes de santé, réunis lors d’un débat inédit en France, nous éclairent sur les moyens d’influence et de marketing utilisés par l’industrie pharmaceutique (et par d’autres industriels qui formatent information et recherche) dans une spirale sans fin, avec des marges de profit inégalés. Au point que l’on parle de ghost management : contrôle invisible et omniprésent.
À commencer par des formes de conflits d’intérêts dans la recherche et dans la pratique médicale, moins évidents et entraînant des biais et autres conséquences bien cachés.
Des solutions viables ne peuvent se baser que sur une analyse critique rigoureuse des stratégies d’influence présentes jusque dans la médecine basée sur le niveau de preuves. L’analyse porte aussi sur la prééminence du marketing et lobbying sur la recherche et développement, incluant toutes les techniques de désinformation. Sans oublier l’étude de la surmédicalisation et de la surconsommation d’une médecine technicisée et de médicaments majoritairement inutiles et/ou mal utilisés.
Le façonnage de maladies est une conséquence des diverses influences et de la médicalisation d’un maximum d’aspects de nos vies, y compris en inventant ou en redéfinissant des maladies, en érigeant des facteurs de risque en maladies, etc., afin qu’un maximum de personnes soient éligibles à un diagnostic aux critères vagues, modifiés ou inventés. Cela induit un cercle vicieux: consommation chronique de médicaments (et remèdes) et de dispositifs médicaux, dépistages inutiles qui trouvent des incidentalomes, et ainsi de suite.
Tout cela entraîne des effets indésirables sous-déclarés, eux-mêmes « traités » par des prescriptions en cascade. Notre comportement de consommateurs en demande croissante de solutions – médicales, technologiques et “alternatives” exotiques – à nos dilemmes et à nos modes de vie, pérennise ce cercle vicieux.
Il est urgent de réclamer des études épidémiologiques des effets indésirables, qui prouveront que le mésusage de médicaments – inutiles, surdosés, pris par acharnement thérapeutique, etc. – est l’une des premières causes de maladie et de mort.
Intervenants :
Animé par Elena PASCA (Sciences Citoyennes, blog Pharmacritique)
