Un débat sur le nucléaire est-il possible en France ? | Sciences Citoyennes

Un débat sur le nucléaire est-il possible en France ?

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mardi 7 février 2006

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Cette contribution présentée en décembre 2005, a été refusée par le président de la CPDP sans explication précise, ni possibilité de dialogue. Contrairement à ce qu’elle affirme sur son site, il n’est pas exact que la CPDP-EPR permette à tous de participer au débat.Les controverses autour des questions énergétiques et plus particulièrement du nucléaire sont nombreuses et passionnées, qu’il soit question du coût, de sécurité, de risques sanitaires et environnementaux liés aux faibles doses ou de gestion des déchets. S’agrègent un ensemble de questions où règne l’incertitude, alimentée par des prises de position antagonistes très tranchées. Ainsi, il est d’usage d’opposer chaque opportunité énergétique de façon isolée. Le nucléaire peut-il remplacer le pétrole ? Le solaire permettrait-il de se passer du nucléaire ? Comme s’il existait une solution simple et unique au problème complexe et multiforme de l’énergie.

En France, le démarrage du programme électronucléaire, en 1974, s’était affranchi de la consultation du Parlement et de la consultation de la population de même qu’il avait écarté toutes les autres options. À cette même époque, l’AIEA prévoyait la construction au niveau mondial de 4 450 réacteurs de 1GW. On constate, aujourd’hui, que le parc installé est inférieur au 1/10e de cette prévision. De son côté, EDF prévoyait la construction de plus de 200 centrales dans l’hexagone pour l’an 2000, alors qu’environ un quart est implanté et que la France est excédentaire
en énergie électrique, vendue au rabais à l’étranger. Comment expliquer des erreurs d’une telle ampleur ? N’est-ce pas faire fi des leçons de l’histoire que d’imposer de nouveau une réponse arbitraire et technocratique à des questions qui concernent l’ensemble de la société ?

Pour la Fondation Sciences Citoyennes, il est fondamental, étant donné leur impact considérable sur notre société et notre modèle de développement, que les décisions en matière de choix de technologies énergétiques soient prises dans le respect strict des principes démocratiques. Il est indispensable d’y associer transparence de l’information, pluralité des expertises et des analyses, mise à l’épreuve critique des recommandations et de dépasser les dichotomies simplistes de type « le nucléaire ou la bougie ? » ou « le nucléaire ou l’effet de serre ? ».


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