Le projet « Laboratoires Hors Murs pour l’agro-biodiversité » : finalisation et perspectives | Sciences Citoyennes

Le projet « Laboratoires Hors Murs pour l’agro-biodiversité » : finalisation et perspectives

Par et
jeudi 11 juin 2015

Miniature

C’est en 2013 que la FSC a entamé sa collaboration avec l’association BEDE (Biodiversité, Echanges et Diffusions d’Expériences) et les Unités mixtes de Recherche (UMR) Innovation et le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) dans la coordination du projet Laboratoires Hors Murs (LHM) pour l’agro-biodiversité. Après avoir accompagné l’émergence des Laboratoires Hors Murs en Algérie, au Bénin et en France, le projet a entamé sa dernière phase de la meilleure des manières avec la tenue d’un séminaire de travail en avril 2015.

 

Rappel de l’objet du projet

L’objectif du projet était d’accompagner la rencontre sur un même territoire entre des agriculteurs et représentants d’organisations paysannes locales d’une part, et des chercheurs universitaires nationaux d’autre part. La démarche entreprise était de pouvoir faire collaborer les expertises de ces deux univers, qui trop souvent s’ignorent, afin d’aboutir à la co-production de savoirs répondant aux besoins rencontrés dans leurs pratiques par les agriculteurs investis dans le développement d’une agriculture respectueuse de la biodiversité (agro-biodiversité). Cinq Laboratoires Hors Murs ont pu voir le jour dans le cadre du projet, répartis sur 3 pays : l’Algérie, le Bénin et la France.

Une présentation du projet est disponible à la page suivante :

http://sciencescitoyennes.org/labo-hors-murs/

Sur ces différents territoires, les échanges entre les agriculteurs et les chercheurs ont été appuyés par l’intervention de stagiaires en Master qui participaient, sous la direction des chercheurs impliqués, à la réalisation des travaux de recherche. Chacun des LHM a été consolidé lors d’un atelier organisé dans le cadre du projet permettant un temps d’échange et de partage privilégié entre les agriculteurs, les chercheurs et les coordinateurs du projet.

Chacune des expériences de LHM a donné lieu à la production d’une fiche synthèse illustrée que vous pouvez retrouver sur le site internet de la FSC.

Pour plus de précision sur le processus d’avancement du projet, vous pouvez accéder à la page suivante :

http://sciencescitoyennes.org/un-bilan-a-mi-chemin-du-projet-labo-hors-murs/

 

Un moment fort : le séminaire de travail

Une dernière étape dans la réalisation du projet LHM a été franchie à travers l’organisation d’un séminaire de travail qui s’est tenu du 27 au 30 avril 2015 à Lunas (34). Il a été l’occasion de faire se rencontrer l’ensemble des acteurs qui se sont investis dans le développement des LHM sur l’ensemble des territoires et dans la coordination du projet. Pendant deux jours et demi, cet évènement a rassemblé plus de 30 personnes venant d’Algérie, du Bénin, d’Italie et de France : agriculteurs, représentants d’organisations paysannes, chercheurs, représentants d’associations.

Il a fallu structurer l’organisation de ce séminaire par des temps d’échanges spécifiques en séances plénières ou ateliers, ce qui a créé quelques frustrations tant était grande la volonté de partager les expériences collaboratives entre agriculteurs et chercheurs vécues sur les différents territoires. Ces deux jours et demi n’ont pas suffi à épuiser l’ensemble des sujets à aborder lorsque l’on s’investit dans une recherche participative, qui constitue une véritable rencontre entre deux mondes éloignés, celui des chercheurs et celui des agriculteurs, dans une démarche respectueuse de toutes les expertises, reconnaissant leur nécessaire croisement pour faire face à la complexité des problèmes rencontrés. Les bienfaits de cette rencontre entre chercheurs et agriculteurs, autant que les difficultés à la faire vivre et à la faire accepter par les acteurs extérieurs (institutionnels, universitaires…) ont trouvé toute leur place lors du séminaire. Les échanges autour du croisement des différentes expériences de LHM ont ainsi permis de capitaliser les réflexions de l’ensemble des acteurs sur leurs propres pratiques et d’offrir un éclairage sur les pratiques des autres.

Outre les nombreux apprentissages qui peuvent dès à présent être tirés de cette rencontre, la formidable convivialité qui a été le support des échanges de travail mais également des échanges informels a véritablement marqué le déroulement de ces journées. Une certitude unanime se dégage de cette rencontre : la volonté de poursuivre cette découverte mutuelle des chercheurs et des agriculteurs fondée sur le respect des savoirs de chacun.

Le séminaire s’est clôturé pour laisser place à l’organisation, le jeudi après-midi à Montpellier, d’un forum ouvert au public. Il s’est composé de deux table-rondes dont la première était animée par 3 participants aux LHM (agriculteur, association de producteurs et chercheur). Elle a permis de présenter au public les résultats du projet et d’échanger avec lui sur les modalités de mise en œuvre des LHM, les éléments de la rencontre entre agriculteurs et chercheurs et les difficultés rencontrées dans ces démarches de co-production des savoirs. La deuxième table-ronde a abordé plus spécifiquement la dimension politique de cette co-production des savoirs car elle portait sur la démocratisation de la recherche agricole. Également animée par un trio agriculteur/chercheur/association, elle a mis en évidence la nécessité de renforcer l’implication des agriculteurs et des citoyens dans la recherche agricole.

Une présentation du programme du Forum des Laboratoires Hors Murs pour l’agro-biodiversité est disponible à la page suivante : http://sciencescitoyennes.org/forum-laboratoires-hors-murs-pour-lagro-biodiversite/

 

Perspectives envisagées

Lors du séminaire de travail s’est exprimée une volonté forte et partagée de chercher à pérenniser cette démarche en renforçant les collaborations déjà expérimentées lors du projet actuel. L’accent pourrait notamment être mis sur le renforcement des capacités des paysans pour une plus grande implication de leur part dans la recherche. Il a également été envisagé d’élargir le nombre de partenaires au sein des LHM afin de mieux diffuser l’initiative et promouvoir dans ce cadre l’agro-biodiversité.

Avec la participation au séminaire de travail de partenaires non impliqués dans les LHM initiaux, la création de nouveaux LHM potentiels a été évoquée. Des échanges ont donc été engagés dans l’objectif d’aboutir au développement d’autres LHM sur de nouveaux territoires tels que le Lodévois, les Hautes-Alpes en France et le Mali, le Burkina Faso en Afrique de l’Ouest.

Pour plus d’informations : cyril.fiorini(at)sciencescitoyennes.org